lundi 16 septembre 2019

16 septembre: Tary Mogol

Salam,
Vent bien frais ce matin. On le sent même dans la yourte.
Matinée libre: épluchage des légumes pour le plov pour certaines, démontage d'une yourte pour certains. Pour ma part, balade au milieu des nombreux lacs. Il fait vraiment frais.
Dés la fin du repas, nous montons dans le minibus et redescendons vite car pas de démarrage. Nous poussons donc et çà démarre. Ouf!
Nous dormons ce soir à Tary Mogol dans une guesthouse: les hommes d'un côté et les femmes de l'autre.
Petit tour du gros village (4000 habitants). Il n'y a que des agriculteurs qui s'empressent d'arracher les pommes de terre avant le gel. Les vaches et les ânes broutent n'importe où. Il y a plusieurs maisons en construction; le style est très simple, les menuiseries sont en plastique de base. Les toits sont en tôle et les murs en brique ou en terre.
Le Salam est le passe-partout, les enfants sont souriants et pas sauvages.
Nous trouvons de la bière dans une maison. Çà nous manquait! Il n'y en a pas dans l'épicerie car ici, on est dans un pays musulman.

Ce soir, grosse surprise: Elvira a fait venir des musiciens chanteurs locaux. Ils nous font partager leur passion et nous font danser. Je filme ce moment. Les 2 jeunes ont 16 ans et ont de belles voix de baryton. Le chant est très important chez les kirghizes.

A suivre.
Yves.

Elvira devant le plat de plov.

15 septembre: dernière rando

Salam,
Temps couvert ce matin. Le soleil étant caché, il fait frais. Çà sent l'automne.
Nous partons le long du lac le plus près qui est assez grand et marchons dans les grands espaces. Nous rencontrons un berger déjà vu avant-hier; il se demande pourquoi nous marchons. Plus loin, nous rentrons dans la yourte de sa femme qui a eu 7 enfants. Elle garde la petite dernière qui a 4 ans. Les autres sont dans le village pour aller à l'école. Nous sommes accueillis avec du pain, du thé et du yaourt. Ils sont toujours prêts à accueillir quelqu'un. Pourtant cette yourte est complètement isolée.
Nous avons quelques flocons de neige et le pic Lénine n'est plus visible.
Au retour, 2 yourtes de notre camp sont démontées et pourtant plusieurs touristes sont arrivés.
Nous avons quelques morceaux de viande chaque soir, mais comme c'est du yak, on s'en passerait car c'est impossible à mastiquer.

A suivre.
Yves.

Le four dans la yourte.

14 septembre: camp de base haut

Salam,
Il a bien glacé cette nuit. Avec le poêle on cuit le soir, mais dans la nuit çà fraîchît.
Temps merveilleux, mais tant que le soleil n'a pas passé la ligne de crête, çà caille.
Rando avec une longue marche d'approche comme d'habitude, c'est surtout au retour qu'on en bave. Puis on attaque du sérieux pour arriver à un col à 4150 m qui domine le camp de base avancé. Il n'y a rien puisque les tentes ont été démontées. Repas, puis petit plus sur une arête de 120 m pour une majorité du groupe. Le paysage est grandiose avec des glaciers noirs de pierres en bas.
Le camp 1 n'est guère plus haut (4400 m), mais là encore, il y a de la distance. Il y a en plus les camps 2 et 3 pour l'ascension. Comme souvent, il y a des ex-votos sur un rocher en mémoire des alpinistes morts dans l'ascension. Il y a quelques années, 14 alpinistes ont été emportés par une avalanche.Je rappelle que mon ami Michel Aubert est mort dans cette ascension (voir sur mon blog l'article qui lui est consacré). J'ai ainsi qu'Andrée et Patrick, une pensée pour toi Michelle, sa femme.

Ce soir le temps se couvre un peu, on verra demain.
On a pu de laver à l'eau chaude car ils ont mis un four entre 2 douches. On en avait vraiment besoin; les habits noirs ont pris une teinte grisée.
Avec ces yourtes on aura eu plus de confort qu'en tente .

A suivre.
Yves.

13 septembre: camp base pic Lénine

Salam,
Petit-déjeuner avec une nouveauté: les samoussas au potiron. C'est très bon. Nous étions donc chez l'habitant. Le monsieur était très gentil, mais on n'a pas vu la dame.
Puis transfert avec notre nouveau chauffeur ouzbèque (il y a une grosse communauté d'ouzbèques du côté d'Osh). Ceux-ci sont plus pratiquants que les kirghizes.
La piste est très poussiéreuse, çà rentre un peu dans le minibus. On a face à nous le pic Lénine à 7100 m qui nous domine.
On arrive à un camp de yourtes. Le repas est pris dans une pièce faite de 2 containers collés. Nous sommes à 3500 m à peine.
On part faire une randonnée vers un point de vue. C'est plus que beau, c'est splendide. Bien sûr le sommet, mais aussi de multiples petits lacs bleus et turquoise. Et aussi les roches colorées. Il y a très peu de monde, les tentes du camp de base haut ont été démontées le 2 septembre. Avec Michel, on a fait un petit plus de 100 m et approché les 4000 m, mais je me traîne, je n'avance plus; Michel allait 2 fois plus vite! Heureusement qu'en descente, j'ai un peu moins perdu.
Ce soir, dans la yourte, c'est une étuve avec le poêle allumé.

A suivre.
Yves.

Devant le pic Lénine.

jeudi 12 septembre 2019

12 septembre: retour Kirghistan

Salam,
Pluie ce matin.
Montée vers le col Irkeshtam ( il n'y a que 2 passages entre les 2 pays). Encore de multiples contrôles, j'ai compté 8 présentations du passeport. On a même été arrêtés 2 fois dans 1 km. C'est un état super policé. Même quand ils ne font pas de zèle, c'est vraiment lourdingue. Le moindre détail comme un B d'un nom un peu caché par le tampon est sujet à problème; il faut alors appeler la hiérarchie! On est vraiment soulagés de revenir au Kirghistan. Le guide était stressé, il n'arrêtait pas de nous dire de faire attention. Si j'ai bien compris, c'est la prison pour lui s'il y a un problème. Il ne pourra pas lire ces lignes car en Chine, pas de Facebook, ni de Twitter. ni de Youtube, ni de Google...

Nous sommes arrivés à la frontière à 15 h, mais ils n'ont ouvert le portail qu'à 16 h 30. Il faut dire qu'à part les camions, il n'y a pratiquement personne. Pour passer, il a fallu porter nos lourds sacs pendant plus d'un km et arrivés au poste kirghize, pas d'Elvira. Le chef est arrivé et a appelé au téléphone et l'on a vu un minibus arriver au loin et notre Elvira nous a accueillis à bras ouverts.
Nous avons monté un col à 3700 m tout en longeant la magnifique chaîne du Pamir. Il a neigé il y a 2 jours et le blanc ressort. Que de grands espaces. Ils ont pratiquement tout démonté pour l'hiver car c'est une région très froide (jusqu'à -60 en hiver). Coup de chance. Une yourte se démonte au loin; nous y allons et aidons ( enfin pas moi car je filme) les 2 gars à finir de démonter et à charger sur le camion. Le costaud Michel retient le tunduk (rond supérieur) qui est assez lourd.

Nous dormons dans une guesthouse d'un gros village. Le repas se fait sous la yourte dans laquelle ils ont allumé le poêle. Elvira nous écoute parler de la Chine qu'elle ne connaît pas, puis reprend ses discussions passionnantes sur son pays qu'elle aime.
A suivre.
Yves.

mercredi 11 septembre 2019

11 septembre: Kashgar dernière

Nihao,
Et oui, c'est déjà le dernier jour en Chine. Demain nous repartons pour le Kirghystan.

Le repas d'hier soir était copieux, mais ce matin quelques diarrhées ont suivi.

Dés le lever, nous sommes allés d'an le parc voisin voir les activités du latin: beaucoup de personnes seules, mais aussi des groupes qui se forment autour d'un animateur équipé d'un ampli. Les gens dansent donc pour certains avant le travail.
Pour rentrer dans ce parc, une dame qui était dedans nous a fait signé de faire un détour. Nous nous engageons dans l'entrée d'une école et là, un policier en formation triangulaire nous intime ordre de ne pas passer là. La formation triangulaire consiste en 3 policiers qui sont dos à dos avec pour le premier un bouclier, le 2éme une tige pour repousser et le 3ème un pic. On continue donc et on se retrouve devant une autre entrée de l'école. Il y a là, en plus dessous policiers, 6 personnes avec une massue longue d'un mètre qu'ils appuient au sol. Les enfants sont vraiment très protégés!

Ce matin, nous sommes retournés faire un tour dans la vieille ville restaurée avec quelques artisans en activité. Le pain est joli et cuit dans un four comme en Inde.
On prend un thé dans une vraie maison de thé; nous sommes assis sur un grand tapis.
Nous mangeons dans un restaurant musulman, pas de bière, mais pour nous, il y en a! Ceux qui ont eu besoin d'aller au WC ont eu peur pour la suite... On verra...

Retour au bazar pour une grande majorité et achat d'étoffes.
On revient en longeant la très vielle ville qui semble abandonnée; on trouve un coin qui semble en restauration.
Il fait chaud et on cherche une terrasse. Et bien, pas de terrasses! On boit dans les restaurants ou les hôtels, si bien que l'on se retrouve en bas de notre hôtel.

Un point que je n'ai pas abordé: internet. Les mails passent comme vous le voyez, j'ai réussi à le mettre sur Eurosport, Yahoo et ma banque. Mais pas de Google, si je tape: météo Kashgar, le serveur ne donne pas d'accès. C'est très frustrant.

A suivre dans pas mal de jour car dans le coin du pic Lénine, çà ne doit pas passer.
Yves.

mardi 10 septembre 2019

10 septembre: retour Kashgar

Nihao,
Les randos n'étant pas très nombreuses dans le coin, nous avons décidé de rentrer ce soir.
Il y a de nombreux troupeaux de yaks, de moutons et de chameaux. Ils sont guidés à moto et non à cheval comme en Kirghizie. Ils n'ont pas grand chose à manger. Il y a pas mal de pieds de génépi. Nous avons vu quelques marmottes rousses et des lapins.
Nous faisons une rando ce matin pour atteindre un petit point de vue qui approche 4000 m. Le vent est encore plus fort qu'hier. Parfois il y a des giboulées qui emportent tout, notamment les ordures.

Retour ce soir â Kashgar. C'est long car le bus roule à 60 km/h maxi. Dés l'arrivée nous allons manger dans un restaurant installé dans l'ancien consulat de Grande Bretagne. C'est un peu décrépi. Comme vous le voyez, ils nous servent 13 plats différents pour nous 11.
Retour au même hôtel 4 étoiles. C'est quand même étonnant que dans un hôtel de cette gamme, personne à l'accueil ne parle anglais. Ils communiquent avec une application de traduction ou orale â partir de leur smartphone.
A suivre.
Yves

Le lac Karakul

9 septembre: Mustagh-Ata

Nihao,

Toute la nuit, les ouvriers ont travaillé sur la nouvelle route. Ils veulent avancer avant la neige et le froid.
Petit-déjeuner vers 9 h, difficile de l'avoir plus tôt. C'est difficile de démarrer les randos à nos heures françaises.
Nous avons eu le vent 3/4 face, ce que je n'ai jamais apprécié car je n'arrive pas à respirer.. Il a fallu traverser un torrent dont les pierres étaient couvertes d'un cm de glace. Personne n'a glissé car nous avons pu casser cette glace.
Nous devions dormir dans des cabanes de berger pour attaquer le camp de base le lendemain. Le groupe à choisi de revenir dans notre fausse yourte craignant la rusticité des cabanes. De ce fait, chacun a choisi d'enchaîner ou non directement ce camp de base à 4500 m. Seuls Claude, Philippe, Maryline et Michel sont allés. 4 autres dont moi ont fait demi-tour à mi-pente. C'est donc la première fois de ma vie que je fais demi-tour avant l'objectif. Tout le groupe serait allé en haut si nous étions partis une heure plus tôt et s'il n'y avait pas eu ce vent de face.
Le retour à été bien longuet dans la caillasse. Et, une autre première pour moi, j'ai fini avec bon mal au pied droit: une vieillerie?
Nous avons eu une météo excellente. Demain s'annonce pluvieux. On verra.
En attendant, on a eu beau toute la journée sur ce magnifique Mustagh-Ata dont le sommet paraît si proche. Il faut pourtant 14 jours pour le grimper.
Nous sommes situés dans un lieu unique, nous sommes donc en Chine, mais tout près de nombreux autres pays. Dans le sens des aiguilles d'une montre: l'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan (couloir de Wakhan), le Tadjikistan et le Kirghystan. Quand on passe une frontière, notre opérateur s'empresse de nous indiquer son correspondant local; et bien, Andrée a reçu un SMS lui donnant un opérateur tadjike alors que nous sommes bien en Chine.
Nous avons expérimenté les WC chinois. C'est très simple: il y a une rangée de trous et des petits murets de 80 cm de haut en séparateurs, rien en façade. On s'y fait, çà permet de causer, mais si le voisin est chinois, c'est plus compliqué.

A suivre.
Yves.

Troupeau de chameaux passant devant le Mustagh-Ata.