mardi 17 octobre 2017

Volcans

Bonjour,

Nous avons donc vécu avec cette épée de Damoclès pendant plusieurs jours. Le mont Agung allait exploser; tous les journalistes en étaient sûrs . On a atteint  500 secousses dans une journée et la lave est arrivée à 4 m du sol. On suivait la progression de jour en jour. il y a eu jusqu'à 144000 personnes évacuées. Fallait-il aller sur Java?  Certains de nos enfants mettaient la pression. Mais pour une fois, il n'y a pas eu d'effet boule de neige. L'un a dit que si le territoire interdit avait un rayon de 15 km, on devait se limiter à çà. Et puis, la presse en a moins parlé. Quand j'ai proposé de faire le Batur qui était à 25 km de l'Agung, j'ai commencé par dire que l'Agung était toujours en phase explosive (valeur 4 sur une échelle de 4) et donc que chacun devait se décider en connaissance de cause. Nous y sommes allés à 4 seulement.

Après, plus personne n'en a plu parlé, mais cet évènement nous a fait louper la région proche avec 2 temples très touristiques et le site de plongée d'Amed. Sans oublier l'ascension de l'Agung qui nous a manqué, ce qui a peut-être un peu joué dans notre demi-tour du Rinjani. Il nous restait alors encore 1500 m à monter avant le campement.    

L'Indonésie est dans une zone de grande activité. A l'ouest de Java, l'éruption duTambora en 1815 a provoqué une année sans été.

Le Krakatoa  a lui explosé en 1883. Cette explosion énorme (entendue en Australie) a été très meurtrière et a provoqué un  tsunami de 40 m de haut ressenti pratiquement sur toute la terre; la force de l'explosion est environ 10 000 fois supérieure à celle de labombe atomique lancée sur Hiroshima et les ondes de choc parcourent le monde sept fois.

Et pour parler de ceux que l'on a grimpé ou que l'on devait grimper:

Merapi : 50 éruptions explosives entre 1548et 2014, il est considéré comme le volcan le plus actif et le plus dangereux d'Indonésie, produisant de périodiques nuées ardentes. Ses éruptions sont habituellement espacées de 4 ou 5 ans, mais de plus importantes peuvent avoir lieu tous les siècles, comme celle survenue en octobre-novembre 2010.

Semeru: crache toutes les 20 mn

Bromo: dernière éruption en 2004

Kawah Ijen: dernière en 2002

Agung: dernière en 1963. Dolit, le propriétaire du balé où on a dormi à Bali ne sait pas son âge, mais on l'estime à 60 ans car son premier souvenir c'est qu'il a fait nuit pendant 6 mois, donc lors de cette éruption.

Batur: dernière en 2000

Rinjani: dernière en 2010. Une éruption gigantesque a vraisemblablement eu lieu en 1257, entraînant très possiblement un refroidissement planétaire temporaire, réduisant les récoltes et entraînant famines et affaissements démographiques, au moins dans l'hémisphère nord.

Yves.

samedi 14 octobre 2017

13 oct: on amorce le retour

Bonjour,
Départ ce matin vers l'aéroport de Lombok. En chemin. Nous nous arrêtons visiter un village sasak typique. Les maisons sont recouvertes de chaume. On voit des femmes qui filent en chiquant le bétel, ce qui leur donne une bouche horrible avec les dents jaunies et ressorties. Les greniers à riz sont très typiques. Ils se marient entre cousins. Leur religion est un mélange d'islam, d'hindouisme et d'animisme. Malheureusement, c'est très touristique et donc envahi de vendeur de souvenirs.
Nous prenons l'avion pour Jakarta. Cette ville peu intéressante qui a 20 millions d'habitants, soit le double de Paris. Marie est du bon côté pour apercevoir quelques volcans.
Après plus de 10 km de taxi malgré que nous ne soyons qu'à 3 km de l'aéroport, nous arrivons dans un hôtel gigantesque construit dans une banlieue. Contrairement à ce que je pensais, le plat est à 1 €, mais pas très bon et épicé.
Les avions passent au-dessus de nous.
Yves.

Nos 3 femmes très demandées pour les photos des locaux. En effet, ils aiment être pris en photo avec nous.

vendredi 13 octobre 2017

12 oct: côte sud


Bonjour,
Nous partons à 8 ce matin pour faire une rando sur la partie sud-ouest de l'ile. Nous sommes absolument les seuls touristes sur ces plages et ces caps rocheux. Nous rencontrons 3 habitants qui tirent de petits poissons avec un fusil de chasse sous-marine fait avec les moyens du bord. Malheureusement, ils tirent sur de trop petits poissons. Nous rencontrons aussi une indonésienne qui semble chercher des crabes; ceux-ci ont un petit air d'étrilles. Il y a plein de morceaux de coraux sur la plage, ainsi que des coquillages et pas mal de détritus. Nous montons sur 2 collines pour avoir des vues plus profondes. Marcel et Claude sont partis de notre lieu de séjour et ont exploré aussi la côté.
Ce midi, nous mangeons les pieuvres et en dessert faisons des bananes flambées.
L'après-midi nous retrouve assez mous et la baignade dans l'eau fraîche (25• tout de même) à marée haute nous fait du bien.
Il est 17 h et les pêcheurs défilent comme tous les soirs à cette heure-là. Nous avons appris qu'en fait, le soir, ils vont nourrir leurs langoustes. La vraie pêche a lieu le matin de bonne heure. C'est un spectacle quotidien de voir
leurs va-et-vient.
Demain, nous amorçons le retour avec un transfert à l'aéroport de Praya et 2 h d'avion pour la gigantesque Jakarta (20 millions d'habitants).
Yves.

jeudi 12 octobre 2017

11 oct: marché aux poissons et pêche en mer

Bonjour,
Lever à 5 h 45 pour aller voir un gros marché aux poissons. Nous y allons à 7 avec un chauffeur extrêmement prudent. Les étals sont dehors et par terre. Chacun vend sa pêche dans des bassines en plastique à même le sol plutôt glauque. Nous achetons des crabes, des calamars une pieuvre, des gambas et des crevettes. Il y a par terre d'énormes raies et des requins. Dans un bateau, ils tirent des requins qu'ils jettent dans l'eau de mer pleine de détritus. Deux gars les tirent sur la plage, un autre les harponnent 2 par 2 et ils sont portés par 2 gars vers le marché.
Petit-dejeûner au retour, puis nous partons à 6 à la pêche en mer. Nous accostons sur un des innombrables carrés de bambous qui servent à l'élevage des langoustes, à la pêche aux lamparots... L'amorçage se fait avec des crevettes bien vivantes. Il y a 4 lignes classiques, les 2 autres ont employé la méthode de base: le fil enroulé autour d'une bouteille d'eau vide. Mais point de prise; bon, la promenade était tout de même intéressante dans cette grande baie. Nous avons changé d'ancrage et là Chistian a pêché un petit poisson multicolore. Dernier ancrage, Chistian pêche un gros poisson rouge (plus de 3 lg certainement), puis c'est Philippe qui pêche un autre gros et enfin le pêcheur en pêche un petit. Thierry, Marie et moi n'avons rien pris. Quant à Maryline, elle a surtout pris le soleil.
Nous rentrons manger nos achats: calamars, pieuvre et crabes cuits dans une sauce excellente. On reconnaît les acharnés de l'épluchage: Marcel, Claude, Maryline, Patrick et moi qui finissent les plats des autres qui n'ont pas la patience d'aller chercher le moindre petit bout de chair.
Le repas se termine tard et l'après-midi est consacrée à des petites balades à droite et à gauche de notre lieu de séjour. Ce qui nous permet de voir que les pêcheurs vivent plutôt bien par rapport aux paysans bien pauvres.
Le soir, nous mangeons les gambas, les crevettes en beignet et nos 2 gros poissons qui s'avèrent excellents.
Yves.

10 oct: balade en bateau

Bonjour,
Ce matin, quelques pêcheurs rentraient avec une pêche peu fructueuse apparemment.
Il fait chaud dans les chambres et nous avons fait tourner le ventilateur.
Pour cette journée, nous avons prévu de faire un grand tour en bateau. Départ pour 7 en voiture et 3 à moto pour l'embarcadère. Ces 3 motos sont conduites par Rumaji, sa femme Ana et notre français d'hier soir.
Nous montons donc dans un bateau de type local avec ses 2 balanciers, nous pouvons voir les élevages de langoustes, un lieu de production de perles, une île alimentée électriquement par des poteaux plantés en pleine mer (les fonds marins sont peu profonds). Il y a de très nombreux îlots; je rappelle que Indonésie comporte 17000 îles. On se ballade sur un petit lagon qui découvre à marée basse et on fait du Snorkeling en pleine mer. Je sus toujours aussi peu à l'aise car j'avale de l'eau et par le masque et par le tuba; je trouve les poissons moins colorés qu'à l'île de Mendangan.
Nous nous arrêtons sur une plage de rêve pour nous baigner dans une eau un peu fraîche pour ici. Pendant ce temps, ils font un feu et grillent des poissons. Comme dit quelqu'un: ' qu'est-ce que c'est dur ce trek, on en bave!'
Nous faisons une escale à touristes avec buvette. Puis nous rentrons avec un arrêt près d'un distributeur de billets; nos roupies fondent!
Et chance. Nous tombons sur un mariage. Comme je suis le premier (moto), j'ai le temps de filmer l'orchestre ambulant et surtout 2 couples de danseurs. J'avais lu que cette danse était très surprenante dans un pays musulman. Effectivement. C'est une vraie simulation sexuelle. Je rappelle que ce sont des sazaks, des musulmans aux croyances non intégristes. A les voir vivre, je pense au grand philosophe Averoès qui prônait une religion humaniste et dont la pensée s'est fait déborder par un islamisme dur il y a 4 ou 5 siècles.
Les autres arrivent et nous sommes invités à être pris en photo avec les mariés qui sont très beaux. Nous aurions naturellement aimé être invités, mais on est contents de cette rencontre.
Yves.

9 oct: Ekas

Bonjour
Transfert en minibus vers le sud. Des problèmes de clim nous arrêtent plusieurs fois. Le chauffeur ajoute de l'huile à chaque fois. A la fin, il arrête carrément cette clim et nous finissons fenêtrés ouvertes. Ils peinent pour trouver ce village de pêcheurs perdu. Nous finissons par une route défoncée, puis par un chemin et nous arrivons enfin. Nous sommes au bord de la mer avec une plage de sable blanc devant une grande baie. Il y a plein de pirogues à balancier, en mer des petites jetées en bambous sur lesquelles il y a une cabane; ce sont des réserves à langouste on aurait bien voulu en manger, mais c'est 40 € le kg; en fait, c'est Hong-Kong qui les achètent.
Sur la plage, ls construisent de grands carrés de bambous chevillés avec des morceaux de bambou. Ces carrés vont être mis en mer pour faire des cultures d'algues.
Nous faisons un petit tour du village avec Rumaji, notre propriétaire; ce village fait environ 2000 habitants. Devant les habitations, il y a une sorte de petit préau recouvert de chaume avec une plate-forme à environ 60 cm du sol. C'est leur lieu de prélassement, de vente, de repas sans doute.
Rumaji a 30 ans, une femme Ana et 2 enfants: une fille de 7 ans et un garçon de 14 mois. Nous avons eu droit ce midi à un poisson du genre maquereau en plus ferme. Ce soir, poisson encore; normal, Rimaji est pêcheur et puis, on en a un peu marre du riz-poulet.
Nous nous sommes baignés, mais à marée basse, ce n'est pas intéressant car il y a très peu de fond et on marche dans la boue et les algues.
Vers 18 h, les nombreux pêcheurs sont partis sur leur petite embarcation. Ils ont un tout petit moteur et une hélice de 20 cm de diamètre. C'est un spectacle féérique avec toutes les allées et venues. La mer est basse et on voit qu'il n'y a pas de profondeur.
Un français qui vit ici depuis 10 ans a mangé avec nous ce soir. Il va construire une résidence de luxe; ce petit paradis va être envahi par les touristes peu à peu et les pêcheurs promèneront ces touristes.
Yves.

lundi 9 octobre 2017

8 oct: fin Rinjani



Bonjour
Je vieillis! Je le sais pourtant bien que je dois être seul à prendre les décisions et que je ne dois surtout pas tenir compte des avis des autres. En montagne, il faut toujours y aller quitte à faire demi-tour plus tard et je peux dire que j'ai très rarement fait demi-tour.
Il faut savoir qu'un premier avis négatif du genre: ´il faudrait peut-être faire demi-tour' est suivi d'un 2ème : ´il faut faire demi-tour', puis suivi d'un troisième: ´il est grand temps de faire demi-tour'. Le dernier avis est du genre:´ce serait complètement inconscient de ne pas faire demi-tour'. La pression sur l'accompagnateur est maximum et il y a toujours quelqu'un qui prononce le mot risque. C'est l'effet boule de neige et il y a jamais personne qui donne un avis positif.
Si on se laisse convaincre, c'est fini.
Je me souviens du Tour des Dents Blanches. J'étais parti faire un col après l'arrivée au refuge. Pendant ce temps est arrivé au refuge un alpiniste avec sa femme et sa fille. Il avait entamé l'étape que nous devions faire le lendemain et a dit que çà ne passait pas. Quand je suis revenu au refuge, il y avait un accord parfait pour faire demi-tour. J'ai alors refroidi l'ambiance en disant que l'on verrait le lendemain et que de toutes façons on allait essayer de passer. Il y eu un grand froid parmi les 10 ( nous étions 11). Et le lendemain, nous sommes passés.
Et hier, il fallait continuer et ce matin de bonne heure la majorité du groupe aurait grimpé ce Rinjani.
Hier soir, j'ai proposé de monter de l'autre cotè sur 2 jours. Pas d'amateurs. J'ai ensuite proposé de faire un aller-retour sur la journée. Pas de volontaire non plus.

Je ne suis pas le seul à vieillir. Pour la première fois, j'ai entendu des réflexions étranges pour des habitués de la montagne:
- je ne monte pas s'il y a un risque de ne rien voir
- je ne monte pas car il risque de faire de l'orage.
Le risque de ne rien voir et le risque d'orage font partie intégrante de la montagne. Si j'avais pensé à ces risques, je ne serais pas parti souvent.
Je pense qu'il faut toujours partir et aviser ensuite. Par exemple, au Batur, nous avons été les seuls à avoir une vue dégagée. De même, aujourd'hui, j'ai eu la chance de voir le point de vue.
Ce matin, j'ai renouvelé mon offre et suis parti seul voir ce magnifique point de vue. Il faut dire qil y avait plus de 2000 m de dénivelé et qu'en partant à 7 h, j'avais peu de chances que ce soit découvert là-haut. Je suis monté en 4 h 15 et ai eu la chance de voir le lac de cratère avec en son milieu un petit volcan avec ses fumerolles. Il y avait une sorte de rivière d'un jaune éclatant. Fantastique, mais très vite les nuages ont recouvert le lieu.
La descente a été pénible car sur une sorte de glaise rendue glissante avec la pluie qui est vite arrivée. Et de plus, il y avait une multitude de racines. J'ai vu quelques singes. Avec mes grosses et mes bâtons, c'était juste, mais pour tous ces jeunes en tennis sans bâtons, c'était la galère. J'ai mis 3 h 20 à descendre, soit pas beaucoup moins qu'à monter.
Les autres sont allés visiter les rizières chez les habitants du coin qui sont des musulmans très cools. C'est pourquoi Ils sont mal vus par les autres musulmans. Ils sont ensuite partis à la plage.
Demain nous faisons un demi-tour de l'île pour aller à Ekas.
Yves.

On voit les nuages qui commencent à arriver.


samedi 7 octobre 2017

7 oct: orage sur le Rinjani

Bonjour,
Ce matin, nous prenons un minibus très poussif pour aller au départ; il s'arrête pour passer la 1ère dans les cotes. Nous prenons les porteurs en passant et à l'arrêt ils préparent leurs balanciers de bambou.
Nous entamons la montée à 9 h seulement. Nous sommes à environ 1000 m et le chemin est tranquille. Des petits gâteaux à la 1ère pause, une banane à la 2ème; çà commence bien
Nous arrivons dans une zone un peu plus plate oû il y a plusieurs baches fixées avec des piquets; c'est là que chaque groupe prépare le repas. Ils ont allimé le feu sous un wok et çà mijote.
Le ciel est couvert et il se met à pleuvoir un peu, puis beaucoup. Nous nous abritons sous la bâche percée et commençons à manger le plat de riz, légumes et poulet qui est très bon. La pluie tombe dru et c'est bientôt un torrent sous notre bâche. On mouille de partout et tout se salit malgré nos capes.
Le moral des troupes est bien bas et par peur d'un autre orage et en pensant à la nuit qui nous attend sous la tente qui sera peut-être montée dans la boue, certains pensent très vite au repli. Nous hésitons car le guide dit que çà va passer.
Les pessimistes l'emportent. Les porteurs sont eux très heureux car ils n'auront porté qu'en journée.
Après la descente, nous prenons un tout petit camion et montons à 16 dans la benne avec tout le matériel. Autant dire que nous sommes tassés.
Yves.