mardi 8 juillet 2014

Pass'aran, un tour pour 'blindés'.

Le 26 juin, arrivée au gîte d'Eylie perdu dans la montagne sous des trombes d'eau. Ils ont annoncé un temps très moyen. Nous allons donc entamer ce tour du val d'Aran à saute-frontière avec l'Espagne.
1er jour: il fait beau, nous allons vers le refuge d'Araing, une montée de plus de 1200m et une petite descente. Nous voyons des restes de mines, notamment Bentaillou. Il y a un rassemblement de bergers car 2 brebis ont été tuées dans la nuit par un ours. Au col, un petit plus pour les volontaires: le pic d'Har qui est avalé par une partie du groupe. La vue est magnifique.
2ème jour: très belle journée. Nous allons faire une étape aller-retour avec donc un sac allégé (celui de la veille était bien lourd car nous avons emporté 7 paires de crampons, 1 piolet et 2 cordes). Nous grimpons au sommet du Crabère (dénivelé de 700m). Nous voyons le massif d'Aneto et la Maladeta. C'est un sommet panoramique.    Dans la descente, exercice de main courante descendante et montante sur un névé; çà peut servir pour la suite. Avant de rentrer au refuge, nous montons une petite colline pour voir le point de vue sur le nord avec des sommets arrondis et au loin la plaine.
3ème jour: lever à 5h30 car la journée sera très longue. Il pleut et il vente. Nous attendons 7h45  pour partir car la pluie a cessé et la météo est moyenne. Il y a de la neige dans l'ascension du Portillon d'Albe et déjà des recherches d'itinéraire. Installation par Guy d'une main courante car c'est raide. Il grimpe en crampons et avec le piolet; un rocher sert de point d'ancrage. J'espérais un flanc sud déneigé, mais  nous allons marcher de longues heures dans la neige avec en plus du brouillard. Il y aura besoin de toutes les compétences. Nous utiliserons la boussole, l'altimètre, la carte, le topo et un GPS. C'est une première pour moi, mais la carte comporte des données inconnues (pas de coordonnées UTM, ni longitude et latitude habituels).  Nous faisons de nombreux arrêts pour confronter nos avis. De temps en temps, nous retrouvons une indication qui nous réconforte. Et toujours de la neige heureusement un peu molle avec des pentes modérées. Nous contournons de nombreux lacs gelés. Quand enfin nous contournons le dernier, le lac Montoliu, c'est l'amorce de la très longue descente vers notre gîte espagnol de Montgarri. Les passerelles ont été emportées et au passage d'un torrent (avec aux pieds les sandalettes), cela fait 12h que nous marchons, je crois être proche de l'arrivée et au lieu de descendre encore, j'emmène le groupe sur une autre vallée. C'est la 1ère fois que çà m'arrive, j'étais trop sûr et n'ai même pas regardé le topo. La gaffe!
Si bien que nous arrivons au refuge après 14h de marche sans avoir vu âme qui vive. C'est mon record. Les gardiens de tous les refuges se sont inquiétés. Ils sont soulagés de nous voir. Ce gîte est l'ancien presbytère: une sorte de manoir qui jouxte l'église, lieu de pèlerinage. Le repas nous remet sur pied.
4ème jour: encore une journée difficile. Vue la fatigue de la veille, le lever est un peu difficile. Je m'inquiète un peu des névés sur le flanc nord. Nous partons au milieu des troupeaux de vache et atteignons le col frontalier de la Girette par une pente sévère; 900m vite avalés. Il fait très beau. Pique-nique à 2500m. Le début de la descente est sec. Nous arrivons dans un grand névé qui finit sur le lac Long. Crampons et installation de main courante pour les moins habitués. Nous marchons sur le bord du lac couvert de neige avec quelques mini-crevasses et abordons un câble qui nous permet de franchir une partie pentue. Un saut aérien sur le déversoir de ce lac, puis une descente à pic câblée par endroits et nous arrivons près du lac Rond. Il est bordé par un névé déversant qui m'inquiétait depuis ce matin, surtout que l'on a croisé un alpiniste qui nous a dit qu'il était glacé ce matin. C'est la seule personne rencontrée aujourd'hui. En fait, la neige a fondu en cette fin d'après-midi et on le passe en 2 groupes sans problème. Mais l'étape n'est pas finie, il nous reste 300m bien raides à monter pour atteindre le refuge des Estagnous. Comme nous finissons dans la brume, le gardien ne nous a pas vus venir. Nous avons droit à 10 mn de la fin du match France-Nigeria et avons la chance de voir le 2ème but. Cà s'arrose et c'est bien mérité après encore  marché pendant 11h aujourd'hui. La vue s'est dégagée et nous avons droit à un superbe coucher de soleil de cette espèce de nid d'aigle. A table, pas de restes comme d'habitude!
5éme jour: le lever est bien difficile, j'ouvre les volets pour réveiller les derniers. Nous commençons par une petite ascension de 200m avant d'entamer la longue descente (1500m) qui débute par un névé. Le gîte du Valier de grand confort nous accueille et nous y faisons un repas gastronomique.
6ème jour: c'est une étape de montagnes à vaches avec 2 cols à passer. Le 1er se fait d'un trait, pique-nique au bas de celui-ci et entame du 2ème. Malheureusement, nous sommes dans la brume et ne voyons donc pas le superbe paysage sur la chaîne frontalière que nous devrions voir. Certains recherchent des champignons. Pour bien finir, nous subissons un orage pour la dernière heure et bouclons la boucle tout trempés. 1745m de montée et 1715m de descente! Mais on est rodés. Quelques-uns souffrent tout de même d'ampoules. Voilà ce qui arrive quand on traverse les torrents avec ses chaussures. Et bravo au petit nouveau Hubert dont c'était le premier circuit en montagne; il commence très fort.
J’avais lu sur internet que ce tour s’adressait à des randonneurs expérimentés qui savaient bien s’orienter. Tout à fait d’accord, surtout fin juin.